"Le danger des réseaux sociaux est pire que le Covid’’ (Wasis Diop)

"Le danger des réseaux sociaux est pire que le Covid’’ (Wasis Diop)

Le danger lié aux réseaux sociaux "est pire" que la maladie à coronavirus dont le monde doit cependant tirer une leçon au risque de passer "à côté de quelque chose", estime le musicien sénégalais Wasis Diop.
"Ce virus n’est rien par rapport à notre capacité à nous faire mal nous-mêmes. Le danger des réseaux sociaux est pire que ce virus", affirme l’artiste dans une interview parue dans l’édition du week-end du quotidien sénégalais Le Soleil citée par l’APS. Selon Wasis Diop, "il existait dans ce monde, des hommes pour guider l’humanité dans sa longue marche ; aujourd’hui la parole est volée par un nombre incommensurable d’individus sans identité qui parlent et leurs paroles sont de plus en plus pressantes".
"Il n’y a pas un jour où on ne commente pas les propos venus des réseaux sociaux avec leurs conséquences désastreuses", poursuit le musicien, frère du célèbre cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambety et père de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop.
Parlant du sens des mythologies africaines en général, il estime que leur pertinence tient en un message : "illusion des réseaux sociaux où chacun s’imagine être si important pour la simple raison qu’il peut s’exprimer".
Dans un monde "devenu si petit qu’on peut communiquer en temps réel avec des gens qui vivent à mille lieux", le plus important, "c’est d’être là où on peut faire quelque chose pour soi et pour la grande famille des humains", dit-il.
"Il me semble que lorsqu’on arrive à se relever d’où que l’on soit tombé, on devient plus fort", répond Wasis Diop à la question de savoir quel message adresserait-il au monde dans cette situation de crise sanitaire.
"Cet évènement vient remettre en question l’homme tout-puissant et ça devrait nous servir de +leçon du vendredi+. L’évènement est si petit qu’on ne peut le voir à l’œil nu, comme la mort ou l’amour, tout aussi invisible", relève le musicien.
Il en conclut que si le monde "ne tire aucune leçon de cette expérience, c’est qu’on passe à côté de quelque chose", avant d’évoquer l’attirance de sa famille pour les arts.