Les malentendants à l’école des Violences basées sur le Genre (VBG)

Les malentendants à l’école des Violences basées sur le Genre (VBG)

En prélude à la journée internationale des sourds prévue mercredi 30 septembre, le Projet d’Appui à la Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre (Pasneeg) s’est retrouvé lundi et mardi avec les enseignants spécialisés en langage des signes. C’était dans le cadre d’un atelier de sensibilisation  sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), et le coronavirus. Pourquoi ? Parce que, « en dépit des résultats probants, force est de constater que certaines catégories de citoyens notamment les personnes en situation de handicap et particulièrement les malentendants et leurs proches n’avaient pas été pris suffisamment en compte dans les actions de lutte contre les VBG de manière générale », note un communiqué du Pasneeg.
Or, précise le texte, leur situation les rend davantage vulnérables à l’incidence des VBG comme l’atteste d’ailleurs une étude datant de 2018 de l’UNFPA, intitulée Jeunes Handicapés, Etude pour mettre fin à la Violence basée sur le Genre et l’Application des Droits liés à la Santé sexuelle et reproductive. Selon cette étude, « les personnes handicapées, y compris les jeunes handicapés, courent un plus grand risque de vivre dans la pauvreté que leurs pairs non handicapés. Ils sont beaucoup plus vulnérables à la violence, y compris la violence basée sur le genre (VBG). Ils reçoivent trop peu d’informations (…) sur la sexualité et les relations saines, ce qui induit de nouvelles vulnérabilités à l’exploitation sexuelle », explique le communiqué.
Le choix du Pasneeg est d’autant plus pertinent que même dans le cadre de la riposte contre la Covid-19, les nombreuses campagnes de communication sociale initiées par l’Etat et les différentes parties prenantes n’ont pas pris en compte ces catégories dans les messages, les supports et les outils. Mieux, souligne toujours le communiqué, « le Sénégal a ratifié en 2010, la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH) adoptée par le Nations unies. Dans la même année, l’Assemblée nationale a voté aussi la loi d’Orientation sociale qui vise à garantir l’égalité des chances des personnes handicapées ainsi que la promotion et la protection de leur droit contre toute forme de discrimination, y compris les violences basées sur le genre ».
Toutes choses qui font que l’objectif de cette session de formation est, selon la Coordonnatrice du Pasneeg, Awa Nguer Fall, « de développer les capacités de prévention et de lutte contre les VBG et de prise en charge des victimes/survivants par l’utilisation du langage des signes afin de favoriser les changements de comportements, d’attitudes et de pratiques qui limitent la prévalence des VBG et de la Covid-19 parmi les personnes en situation de handicap et particulièrement les malentendants ».